samedi 29 avril 2017

Lectures d'Avril 2017




ROMANS/NOUVELLES:
- La vie quand elle était à nous (Marian Izaguirre) - en cours
- La part des nuages (Thomas Vinau) ♥︎♥︎♥︎
- Sinon j'oublie (Clémentine Mélois) ♥︎♥︎
- Le projet Starpoint T1: La fille aux cheveux rouges (Marie-Lorna Vaconsin) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Appuyez sur étoile (Sabrina Bensalah) ♥︎♥︎♥︎
- La vie selon Florence Gordon (Brian Morton) ♥︎♥︎
- La tristesse des éléphants (Jodi Picoult) - en cours
- The muse (Jessie Burton) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Mon midi, mon minuit (Anna McPartlin) ♥︎
- Tout ce qu'on ne s'est jamais dit (Céleste Ng) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Umami (Laïa Jufresa) ♥︎♥︎♥︎
- The reluctant journal of Henry K. Larsen (Susin Nielsen) - en cours

BEDE/MANGA:
- 44 après Ronny (Michaël Olbrechts) ♥︎♥︎♥︎
- Natures mortes (Zidrou/Oriol) ♥︎♥︎♥︎
- Tokyo Kaido T1 (Minetarô Mochizuki) ♥︎
- Verte (Marie Desplechin/Magali Le Huche) ♥︎♥︎♥︎
- Famille nombreuse (Chadia Chaibi Loueslati) ♥︎♥︎
- Perfect world T4 (Rie Aruga) ♥︎♥︎
- Chaussette (Loïc Clément/Anne Montel) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le voleur de souhaits (Loïc Clément/Bertrand Gatignol) ♥︎♥︎
- March comes in like a lion T3 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎♥︎

DIVERS:
- Professeur Goupil (Loïc Clément/Anne Montel) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The happiness of pursuit (Chris Guillebeau) - en cours

vendredi 28 avril 2017

La vague




Le coup de gueule contre l'abstentionnisme que j'ai publié mercredi en fin d'après-midi a été largement partagé sur Facebook et sur Twitter; il a été Coup de coeur HelloCoton et relié sur plein de sites assez surprenants, donc celui d'un forum de supporters de foot. Résultats: près de 6500 vues dans la journée d'hier, beaucoup de (longs) commentaires hyper polarisés, plusieurs contacts que j'hésitais à virer depuis des semaines qui m'ont virée en premier. 

Je n'ai aucun problème avec les réactions négatives de certains lecteurs: je ne mâchais pas mes mots, je ne vais pas leur reprocher d'avoir eu une réaction vive. C'est le jeu, ma pov' Lucette! Non, je n'ai absolument pas été diplomate. Je ne cherchais pas à convaincre: si tant est qu'une telle chose soit possible sur un sujet aussi délicat, je sais que la persuasion ne fait pas partie de mes talents. Ce que je sais faire, moi, c'est m'indigner et expliquer pourquoi. Je ne regrette absolument pas ce que j'ai dit ni la façon dont je l'ai dit. (Rétrospectivement, j'aurais même pu ajouter quelques arguments bien sentis.)

Reste que du coup, j'ai passé la journée d'hier à gérer les réactions à mon billet, à la fois dans les commentaires du blog et sur les réseaux sociaux. Pendant ce temps, Chouchou, qui a installé Google Analytics sur "Le rose et le noir" pour s'auto-former dans le cadre de son boulot, jubilait en regardant les courbes statistiques s'affoler et des points rouges clignoter sur une carte d'Europe comme des ampoules lumineuses sur un sapin de Noël. Les mots "Moscou te surveille!" ont été prononcés en cours de soirée. 

Ce n'est pas la première fois que je publie un billet polémique, mais je pense que c'était la plus spectaculaire. J'en déduis que je n'étais absolument pas faite pour être blogueuse influente ou journaliste politique, parce que même en assumant mes propos à fond, j'ai trouvé la déferlante de réactions épuisante (et je me doute bien que ça n'est rien comparé à ce que reçoivent régulièrement les personnes susmentionnées). Hier, je n'ai presque pas réussi à bosser de la journée. Du coup, j'ai fermé les commentaires de mon billet pour pouvoir me rattraper un peu aujourd'hui, parce que mes voyageurs interdimensionnels sont dans la panade et qu'ils ne vont pas s'en tirer tout seuls. 

La semaine prochaine, c'est promis, je recommence à parler de futilités.

jeudi 27 avril 2017

100 happy days: once more, with feeling




Maintenant que j'ai dit ce que j'avais à dire sur le second tour des élections, j'ai envie de refaire un challenge 100 happy days. Le principe? Chaque jour pendant 100 jours, publier sur Instagram une photo d'une chose qui nous a rendus heureux. C'est un excellent moyen alternatif de remarquer et d'archiver les petits bonheurs quotidiens - et il me semble qu'en ce moment, ça ne sera pas du luxe.

Si vous avez envie de vous lancer avec moi, je vous propose qu'on procède ainsi:
- Début du challenge samedi 29 avril - c'est toujours plus facile de trouver un truc sympa le week-end; fin le dimanche 6 août
- Pour que les autres participant(e)s puissent voir vos photos, utilisez le hashtag #rosenoir2017.
- L'idéal est de ne pas manquer de jour, mais si vous voulez participer juste une fois de temps en temps, c'est permis aussi!

Voilà, c'est tout. A vos smartphones et vos appareils photo!

mercredi 26 avril 2017

Palmarès des mauvaises raisons de s'abstenir ou de voter blanc au second tour


Dessin: Uderzo

- "De toute façon, Macron va l'emporter, ce n'est pas la peine que je me salisse les mains en allant voter pour lui". La victoire de Macron est à peu près aussi garantie que celle de Clinton pendant les dernière élections américaines. C'est dire si l'argument me rassure. En France aussi, il s'est passé des trucs chelous pendant le premier tour (500 000 cartes d'électeurs émises en double, des tas de radiations injustifiées, dont 80 000 rien que dans le Val-de-Marne...). En France aussi, il est permis de soupçonner que Poutine cherche à influencer le résultat final. Et même si on n'est pas complotiste pour deux sous: malgré la consigne de Fillon, il y a fort à parier que la droite dure votera Le Pen, ou ne votera pas. Si la droite raisonnable et la gauche s'abstiennent aussi, on fera mentir les sondages une fois de plus, et il sera trop tard pour geindre "Si j'avais su" façon Brexiters.

- "Si on élit Macron maintenant, on aura Le Pen en 2022". Donc, comme on ne veut absolument pas avoir Le Pen en 2022, on va prendre le risque de la laisser passer dès aujourd'hui? C'est ça, la formidable logique du truc? Expédier d'abord le dossier le plus chiant? Se forcer à avaler les haricots surgelés vert fluo du FN en espérant que les frites grasses et croustillantes du renouveau gauchiste suivront dans la foulée? Finir par avoir un(e) président(e) d'extrême-droite n'est pas une fatalité. Comment on évite ça? Election après élection, on vote utile au second tour. Même si ça fait mal au fondement. (Ou alors, on estime que le concept de démocratie a fait son temps et qu'il faut une révolution, mais dans ce cas, on n'a pas voté au premier tour et la question de quoi faire au second ne se pose même pas.) Il peut se passer beaucoup de choses en 5 ans. Une troisième guerre mondiale durant laquelle on succombera tous aux radiations nucléaires - ou juste un anévrisme cérébral qui laisserait le FN décapité au moment opportun. Personne ne peut dire de quoi demain sera fait. La seule chose en notre pouvoir, c'est sauver aujourd'hui.

- "Puisqu'on n'a pas eu ce qu'on voulait, vous pouvez tous crever, bande d'abrutis qui n'avez pas voté comme nous". Ne ricanez pas, je l'ai vue passer une bonne douzaine de fois sur mon mur Facebook - et encore, j'évite de lire les statuts des Mélenchonistes fanatiques en ce moment. Je ne vais pas me faire que des amis sur ce coup-là, mais tant pis: de mon point de vue, cette réaction est digne d'un enfant de 5 ans qui pique une colère parce que ses parents viennent de lui refuser un paquet de Haribo à la caisse de Carrefour (histoire de poursuivre dans les métaphores alimentaires), ou du jeune Pépé d'"Astérix en Hispanie" qui s'arrête-de-respirer-jusqu'à-ce-qu'il-lui-arrive-quelque-chose quand on ne cède pas à ses caprices. Et, oui, j'ai conscience qu'une société meilleure, c'est un enjeu largement supérieur à une poignée de bonbons. Raison de plus pour avoir une réaction mature quand il nous passe sous le nez, et continuer à se battre pour ce qui peut encore être obtenu au lieu de sombrer dans le nihilisme.

- "Pour moi, Macron et Le Pen, c'est kif-kif et bourricot". Si vous avez prononcé cette phrase, vous êtes probablement blanc et hétérosexuel avec un nom à consonance bien française, et vous n'en avez rien à foutre de ce qui arrivera aux minorités vulnérables. Auquel cas, je n'ai pas de mots assez forts pour vous dire mon mépris (vous pouvez sortir en claquant la porte du blog, merci, bisous). Ou bien, vous pensez que ça ne sera pas si grave que ça - et je vous enjoins à vous pencher quelques minutes sur ce qui se passe aux USA depuis que les racistes homophobes décomplexés, se sentant légitimisés par un gouvernement qui abonde dans leur sens, s'en donnent à coeur joie en harcelant, en tabassant et en tuant impunément cha-que-pu-tain-de-jour. Vous avez raison sur un point: quel que soit le vainqueur du second tour, on en (re)prend pour 5 ans de bagne sur le plan économique. Du coup, autant sauver les meubles sur le plan social. Quand l'idéalisme a échoué, il ne reste plus qu'à opter pour le pragmatisme. 

Moi aussi, je suis plus que dégoûtée par le choix de mes concitoyens (à Monpatelin, Le Pen, Fillon et Dupont-Aignan ont récolté 63% des suffrages à eux trois - ça fait peur). Moi aussi, je rêvais qu'on foute un grand coup de pied dans les couilles du capitalisme qui n'en finit plus d'écraser la classe moyenne et de bousiller l'environnement. Mais je ne fais pas partie de la majorité sur ce coup-là. Bien que ses raisons m'échappent, la classe moyenne a signé pour continuer à morfler jusqu'au moment où elle cessera enfin de rejeter la faute sur plus malheureux qu'elle et de voter pour ses oppresseurs. En attendant cet éclair de lucidité salutaire, je refuse de me confire dans un orgueil stupide autant qu'égoïste.

Je vais voter Macron la mort dans l'âme, pas pour moi qui n'ai rien à y gagner et qui vomis les convictions néolibérales du bonhomme, mais pour toutes les catégories de population hyper vulnérables qui souffriraient atrocement d'une présidence FN. Après ça, je voterai écolo aux législatives; je protesterai par tous les moyens à ma disposition si on veut faire passer des lois iniques; je continuerai à essayer d'avoir au quotidien un comportement aligné avec mes valeurs et d'utiliser cette modeste plateforme qu'est mon blog pour propager mes idées. Je ne suis pas naïve: je sais que ça ne suffira pas à provoquer la révolution populaire bienveillante dont nous aurions grand besoin. Mais puisque c'est tout ce que je peux faire, alors, je vais au moins faire ça. Et vous?

10 ans plus tard



Presque dix ans séparent ces photos: la première a été prise le 23 mai 2007 et la seconde le 23 avril 2017 (et, oui, j'étais bien trop chaudement habillée pour la température qu'il faisait ce jour-là). 

Pendant cette décennie, certains choses sont restées les mêmes. Je suis toujours en couple avec Chouchou malgré quelques passages très houleux, et je suis plus amoureuse que jamais; je vis toujours entre Monpatelin et Bruxelles même si la répartition de mon temps a beaucoup évolué; je suis toujours propriétaire de mon petit duplex dont j'aurai fini de payer le crédit dans quelques mois; j'exerce toujours le métier de traductrice littéraire bien que j'aie élargi ma clientèle et les domaines dans lesquels je travaille; je prends toujours du Lutényl pour mon endométriose, ce qui a eu des effets formidables et d'autres assez difficiles à gérer; je teins toujours mes cheveux en roux malgré un détour par des couleurs nettement plus exotiques; je tiens toujours ce blog dont l'audience a décuplé entre-temps, pour mon plus grand bonheur; je suis toujours écolo de gauche et continue à désespérer du vote de mes concitoyens.

A côté de ça... J'ai pris dix kilos, quelques mentons supplémentaires et des cheveux blancs, mais bizarrement, je suis mieux dans ma peau aujourd'hui. J'ai perdu - dans l'ordre chronologique - Brigitte, mes deux chats et mon père. (Et puis aussi Etre Exquis, même s'il n'est techniquement pas mort.) Mais grâce à Facebook, j'ai renoué avec beaucoup de vieux amis que je continue à suivre et parfois à voir avec plaisir. J'ai développé un syndrome d'anxiété aiguë dont je pense que je ne réussirai jamais à me débarrasser. Je suis de plus en plus féministe, et désormais consciente des privilèges que me confère le fait d'être blanche. J'ai cessé de porter des pantalons et d'acheter des tonnes de fringues, de sacs et de chaussures. Globalement, je suis devenue beaucoup moins matérialiste, ce dont je me réjouis. Je n'ai plus de voiture, et ça ne me manque pas vu que j'ai toujours détesté conduire. Je me suis mise à utiliser des MacBook et bien que je les trouve honteusement peu solides pour leur prix, je ne reviendrai jamais en arrière. 

Je n'ai pas remis les pieds aux USA après mon dernier road trip avec les VIP, mais je suis retournée deux fois au Japon; j'ai fait un stage de carnets de voyage au Maroc et pas mal bougé en Europe. J'ai été hyper déçue par Prague et Istanbul; je suis restée passablement indifférente aux charmes de Stockholm, de Barcelone et de Venise; en revanche, j'ai adoré Copenhague, Reykjavik, Helsinki, Brighton, Edimbourg, Budapest, Lisbonne et Porto. J'ai laissé tomber le scrapbooking; je me suis mise au crochet et au geocaching et j'ai arrêté les deux au bout de quelques années; actuellement, mes grandes passions sont les escape games et l'aerial yoga. J'ai eu un passage complètement végétarien, puis je me suis remise à manger de la viande de temps en temps. Je supporte de moins en moins bien le vin rouge et bois de préférence du blanc ou des cocktails. Et aujourd'hui comme il y a dix ans, aucun candidat pour lequel j'ai voté au premier tour des élections présidentielles n'a jamais réussi à accéder au second.